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Cette semaine, une même question de fond : qui contrôle vraiment l'infrastructure de l'IA ?

La France débloque 655 millions d'euros pour son IA et débranche l'américain Palantir au profit du français ChapsVision, refusant toute nouvelle dépendance stratégique.

Pendant ce temps, SpaceX s'offre Cursor pour 60 milliards de dollars, un rachat qui révèle surtout sa mainmise sur la puissance de calcul, déjà louée à prix d'or à Anthropic et Google.

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La France débranche Palantir, l’Europe suit.

655 millions et un symbole fort — Sébastien Lecornu a annoncé 655 millions d'euros supplémentaires pour l'IA, avec un geste hautement symbolique : la DGSI abandonne l'américain Palantir au profit de la française ChapsVision. L'annonce tombe juste après la décision de Washington de suspendre l'accès aux deux modèles les plus puissants d'Anthropic pour les ressortissants étrangers.

L'IA s'installe dans l'État — Concrètement, l'IA va irriguer toute l'administration. Un chatbot souverain basé sur Mistral, baptisé l'Assistant, sera déployé auprès d'environ un million d'agents publics, après un test sur 10 000 d'entre eux. La Justice, l'Intérieur et un assistant santé sur le site Ameli suivront, et l'usage de l'IA pèsera désormais dans les arbitrages budgétaires de chaque ministère.

Le cas Palantir — Depuis 2016, le renseignement intérieur s'appuyait sur Palantir pour croiser des millions de données et repérer des menaces. Seulement, reposer entièrement sur une entreprise qui reste soumise aux lois américaines, c’est un vrai risque pour les données les plus sensibles du pays. ChapsVision et sa plateforme ArgonOS promettent le même service, mais avec un capital exclusivement européen.

My take - La souveraineté a un prix

Il était temps. La décision américaine de couper l'accès aux meilleurs modèles d'Anthropic pour les étrangers a fait l'effet d'une douche froide, et elle donne raison à ceux qui alertaient depuis des années sur notre dépendance. Difficile de bâtir une stratégie nationale sur des outils qu'un partenaire peut débrancher du jour au lendemain.

Seulement, une entreprise à 200 millions d'euros (ChapsVision) ne remplace pas un géant à 4 milliards en claquant des doigts, et l’entreprise française devra prouver qu'elle tient la distance.

SpaceX s’offre Cursor pour 60 milliards

SpaceX rachète Cursor — Mardi, SpaceX a annoncé le rachat de Cursor, l'outil de code dopé à l'IA, pour 60 milliards de dollars en actions. C'est la plus grosse acquisition d'une start-up financée par du capital-risque jamais enregistrée. L'objectif est de muscler la division IA de SpaceX, née de la fusion avec xAI, pour rattraper Anthropic et OpenAI sur le terrain du code.

De l'argent presque gratuit — Le prix paraît vertigineux, mais il pèse peu pour SpaceX. L'entreprise vient de réaliser la plus grosse introduction en bourse de l'histoire, avec une valorisation qui dépasse les 2 000 milliards de dollars. Comme le rachat se paie en actions, et que le titre a bondi d'environ 16 % le jour de l'annonce, l'opération ne coûte presque rien à Musk. Reste une question pour les développeurs : Cursor tournait jusqu'ici aussi bien sur Claude que sur GPT, et SpaceX compte désormais y pousser son propre modèle.

My take - La guerre des puces

Pour comprendre ce rachat, il faut regarder du côté des GPU, ces puces surpuissantes qui font tourner l'IA.

Aujourd'hui, celui qui en possède le plus tient un vrai pouvoir. Musk en a rempli des data centers entiers, qu'il loue déjà à prix d'or à Anthropic et à Google, plus d'un milliard de dollars par mois chacun.

En rachetant Cursor, il s'assure surtout d'avoir de quoi les faire tourner à plein régime. La vraie bataille de l'IA se joue là, et Musk a une longueur d'avance.

C’est tout pour aujourd’hui.

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